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Histoire des Trencavel

Les membres de la maison Trencavel furent à une époque parmi les seigneurs méridionaux les plus puissants après le Comte de Toulouse et le roi d'Aragon (aussi et d'abord comte de Barcelone) qui étaient leurs suzerains. À l'apogée de leur règne, ils détenaient les vicomtés d'Agde, Albi, Ambialet, Béziers, Carcassonne, Nîmes et du Razès. Les Trencavel furent parmi les acteurs majeurs de la croisade des Albigeois qui a scellé, à plus ou moins long terme, la fin des possessions seigneuriales de cette maison, en même temps que celle des comtes de Toulouse.

Famille Trencavel

La branche seigneuriale des Trencavel est à l'origine de la lignée des vicomtes d'Albi qui serait dérivée de la dynastie des Lautrec. Raymond-Bernard fut le premier à être affublé du surnom Trencavel (une des origines possibles est Trenca avelana qui voudrait dire casse-noisette). Ce surnom servit à désigner cette lignée seigneuriale. La famille connut son apogée sous le règne du fils de Raymond-Bernard, Bernard-Aton, qui réunit les domaines hérités de son père et de sa mère. La famille possède alors les vicomtés d'Albi, Agde, Carcassonne, Nîmes, Razès et Béziers. Raimond-Roger sera l'un des protagonistes importants de la croisade des Albigeois. En effet, il s'opposera à plusieurs reprises au chef temporel de la croisade : Simon de Montfort. Ce dernier aura cependant le dessus et confisquera les terres du vicomte à son profit, après la prise de Carcassonne, ou ni les Raimondins (comte de Toulouse, avec qui les Trencavel étaient apparentés) ni le comte de Barcelone/Roi d'Aragon ne vinrent à son aide. On peut voir là la conséquence des alliances changeantes des Trencavel (allié une fois aux Raimondins, une fois à Barcelone puis à l'union Aragon/Barcelone, alternativement).
« Dieu reconnaîtra les siens ! »
Raimond-Roger Trencavel, seigneur de Béziers, refuse de se soumettre. Il enjoint les Bitterois à ne pas livrer leurs compatriotes soupçonnés d'hérésie et à resister aux chevaliers croisés qui s'approchent. Mais lui même s'enfuit se mettre à l'abri ailleurs ! Il n'assistera pas au massacre de 20.000 habitants, après une sortie ratée qui permet aux assaillants d'enter dans la cité le 22 juillet 1209. Arnaud Amaury aurait crié à un soldat qui demandait comment distinguer un bon catholique d'un hérétique : « Tuez-les-tous, Dieu reconnaîtra les siens ! » Inventée par la postérité, cette citation « reflète cependant assez bien l'état d'esprit de l'époque » , précise le médiéviste Laurent Alberet. Il était emprisonné depuis le 15 août, jour ou il se soumit aux Croisés au terme de deux semaines de siège de la Cité : " Carcasso fo presa " (la Chanson de la Croisade). Au mépris des règles de la chevalerie, on le captura et Simon de Montfort fut désigné pour devenir le nouveau maître de ses terres. Le 10 novembre 1209, mourut dans une geôle du château de Carcassonne, le vicomte Raymond-Roger Trencavel. Le fils de Raimond-Roger, Raimond», tentera, une fois parvenu à l'âge adulte de les reprendre par deux fois. Il y réussit une première fois mais se voit à nouveau dépossédé en 1226. La deuxième fois, il fera le siège de la cité de Carcassonne en 1240, alors sénéchaussée de France. L'armée du roi vint donc mettre un terme au siège et Raimond dut s'exiler, puis céder ses droits à saint Louis avant de faire partie de la septième croisade. Le dernier Roger partit pour la huitième croisade en 1269. Ceci est le dernier acte connu de la lignée Trencavel.